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Pirate
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Pirate. C'est un vieux vaisseau. Et un vieux pilote.
La température sur la passerelle semble à peine supérieure à celle qui règne à l'extérieur et de fins cristaux de glace tombent des conduits pendant des plafonds
Malgré le froid mordant, l'unique occupant ne porte qu'une simple armure de cuir et un bandage sur l'oeil gauche.
Il décolle de sa bouche le mégot mouillé d'un fin cigarillo et l'écrase dans sa main.
- « Bon, on y va. »
- « Pour toi, c'est facile à dire, » objecte l'ordinateur du vaisseau. « Mais si tu as encore un étourdissement ? N'oublie pas que ma programmation m'interdit d'avancer sans pilote, et je n'ai pas envie de passer une éternité perdue entre deux systèmes stellaires. »
- « Cela n'arrivera pas. » répond le klingon.
Il se redresse et souffle sur ses doigts. Puis sort un Mek'leth dont le fil rappelle une scie mal entretenue et allonge sans conviction quelques bottes dans le vide.
- « J'ai toujours le coup de patte », dit-il, avant de grimacer et de s'adosser à une console.
- « Je jurerais que cette saleté s'alourdit de jour en jour. »
- « Tu devrais la ranger, tu sais, » dit l'ordinateur. « Cela suffit pour aujourd'hui. Des trucs pareils à ton âge. Ce n'est pas raisonnable. »
Le klingon roule des yeux.
- « Putain de marché de seconde main, voilà où cela mène d'acheter à des Férengis », dit-il au monde glacé qui l'entourait. « J'ai regardé les moteurs, les armes, je ne savais pas qu'il fallait en plus qu'écouter. »
- « Qui enchérissait sur toi, à ton avis ? » fit l'ordinateur.
K'mtar, de son vrai nom Alexander Rozhenko, reste adossé à la console, pas certain de pouvoir se redresser
- « Tu as dû mettre un joli magot à gauche, » reprit l'ordinateur. « On pourrait aller vers le secteur de Risa. Qu'en penses-tu ? En orbite d'une station de revitalisation, qu'en dis-tu ? »
- « Pas de magot, » fit K'mtar. « Tout dépensé. Tout bu. Distribué. Perdu. »
- « Tu aurais dû en mettre de côté pour tes vieux jours. »
- « Jamais pensé que j'aurais de vieux jours. »
- « Un de ces quatre tu vas mourir, » dit l'ordinateur. « Peut-être aujourd'hui. »
- « Je sais. Pourquoi je suis ici, d'après toi. »
L'ordinateur affiche une vue extérieure du secteur.
- « Tu es venu ici pour mourir ? »
- « Non. Mais y a un truc que j'ai toujours eu envie de faire. Depuis tout gamin. »
- « Quoi ? »
K'mtar tente tout doucement de se redresser. Ses tendons vibrent et transmettent leurs messages ardents à ses jambes.
- « Mon père ... » couine-t-il.
Il se ressaisi. « Mon père, » reprit-il, m'a dit ... Il respire à grand-peine.
- « Mon fils », souffle obligeamment l'ordinateur.
- « Quoi ? »
- « Mon fils, » répète l'ordinateur. « Un père appelle toujours son garçon 'mon fils' au moment de lui transmettre de sages conseils. C'est bien connu. »
- « C'est moi qui raconte, dis donc. »
- « Pardon. »
- « Il a dit ... Mon fils ... oui, d'accord ... Mon fils, quand on vient à bout d'un Pirate Orion en combat singulier, on peut tout faire. »
- « On trouve plein de distraction sur Risa »
- « Non. »
- « À quoi cela avance de tuer un Orion ? Qu'est-ce qu'on y gagne ? »
- « Un Orion vaincu. C'est le but. N'importe comment, je n'ai pas besoin de le tuer. Seulement de le vaincre. Un contre un. Vulcain a Orion. Si je n'essaye pas, mon père va se retourner au Sto-vo-kor. »
- « Tu m'as pourtant dit qu'il t'avait chassé de sa vie. »
- « Ce qu'il a fait de mieux dans sa vie. M'a appris à voler des ailes des autres. »
- « Et tu vas te battre contre un Orion aujourd'hui. » dit l'ordinateur.
K'mtar farfouilla dans sa poche et sortit un long cigarillo.
- « Ouais, » répond-il.
- « Et tu as fait tout ce chemin pour cela. »
- « Il le fallait. À quand remonte la dernière attaque de pirate ? Il y en avait des centaines quand j'étais jeune. Aujourd'hui, on croise davantage d'Orions dans les stations de la Fédération qu'en embuscade sur les petites routes commerciales. Gras comme des targs d'élevage. Â quoi bon avoir fait toutes ces guerres ? »

* * * * *

Cela fait maintenant deux heures que les radars ont signalé l'approche du pirate, deux heures que l'espace entre les deux bâtiments diminue petit à petit, la proie simulant la panique afin d'amener en douceur le pirate à l'endroit choisi par elle..
- « Rendez-vous sans résistance » Fit la forme verdâtre dès qu'elle se matérialise sur la passerelle du vieux vaisseau.
- « Oh ... » commença l'ordinateur.
L'Orion bat des paupières en apercevant que la passerelle est déserte. Juste avant qu'il ne sente la pointe d'un poignard s'appuyant sur sa nuque.
- « Salut », fit une voix près de son oreille.
L'Orion déglutit. Mais avec un luxe de prudence.
- « Vous n'étiez pas à l'endroit afficher sur mon détecteur, comment ? »
- « Parce que, je suis un as, » répond le vieux klingon.
- « C'est vrai, » confirme l'ordinateur. « Il a pris plus de gens par surprise que tu n'as mangés de repas. »
L'Orion risque un regard en coin.
- « Putain de merde, un klingon » chuchote-t-il. « Tu te prends pour K'mtar ou quoi ? »
- « À ton avis ? » fait K'mtar.
- « C'est lui » Confirme l'ordinateur.
L'Orion met un moment à comprendre.
- « Oh là là, » souffle-t-il.
- « Quoi ? » fait K'mtar.
L'Orion se baisse brusquement, échappant à son étreinte, et agite frénétiquement les mains.
- « Ça va ! Ça va ! » Crie-t-il tandis que K'mtar avance sur lui. « Vous m'avez eu ! Vous m'avez eu ! Je ne discute pas ! . Vous ne voulez pas venir sur mon vaisseau. Vous présentez à ma famille. Sinon, personne ne me croira jamais. K'mtar. Chez moi ! »
Son torse de pierre déjà formidable se gonfle encore.
- « Mon putain de beau-frère cherche tout le temps à m'en mettre plein la vue avec son cargo monstrueux, ma femme en a plein la bouche. Hah ! J'aimerais voir sa tête ... Oh, non ! Qu'est-ce que vous allez penser de moi ? »
- « Bonne question », fait K'mtar.
L'Orion lâche son arme et saisit une main de K'mtar.
- « Mon nom, c'est Malachite, » se présente-t-il. « Vous ne savez pas quel honneur vous me faites ! »
Il tapote son communicateur.
- « Deux à téléporter. »

* * * * *

- « Smaragdine ! Monte voir ! Amène les petits ! »
Il se retourne vers K'mtar, la figure rayonnante de bonheur et de fierté.
- « Smaragdine répète toujours qu'on devrait déménager, trouver autre chose de mieux, mais moi je lui réponds : ce vaisseau est dans notre famille depuis des générations, y a toujours eu un Malachite sur la passerelle. C'est la tradition. »
Une femelle Orion gigantesque, deux bébés dans les bras, passe péniblement la porte de la coursive, suivie d'une ribambelle d'Orions plus petits. Ils se rangent derrière leur père et observent K'mtar d'un oeil rond.
- « Voici Smaragdine », dit L'Orion.
La femme lance un regard mauvais à K'mtar.
- « Et voici... » Il pousse en avant une version plus petite et renfrognée de lui-même qui serre un modèle réduit de disrupteur. « Mon gars Sinople. Taillé dans le roc comme son père. Reprendra le nom de Malachite quand je ne serai plus là, pas vrai, Sinople ? Écoute, petit, ça, c'est K'mtar ! Qu'es t'en dis, hein ? Sur notre passerelle ! Pas des vieux et gros marchands avachis comme sur le cargo de ton oncle.  » fit L'Orion toujours à son fils mais avec un petit sourire suffisant pour le compte de sa femme plus loin, « nous on reçoit de vrais héros comme on en faisait dans le temps. »
La femme du Orion toise K'mtar.
- « Il est riche ? »
- « La richesse a rien à voir là-dedans, » réplique l'Orion.
- « Tu vas tuer notre papa ? » demande Sinople avec méfiance.
- « Évidemment, tiens, » répondit Malachite d'un ton sévère. « C'est son karma. Et après on chantera mes louanges dans des histoires et des chansons. C'est K'mtar, tu comprends, pas un pauvre couillon de marchand. C'est un héros fameux qu'a fait tout ce chemin pour venir nous voir, alors montre-lui un peu de respect. Excusez-nous, monsieur. Les jeunes d'aujourd'hui. Vous savez ce que c'est. »
- « Écoutez ... »commence K'mtar.
- «Je me souviens de mon père qui me parlait de vous quand je m'appelais encore Prasin. » reprend Malachite. « Il enjambe l'Univers comme un closse, qu'il disait. »
Il y eut un silence. K'mtar se demande ce qu'est un closse et sent le regard émeraude de Smaragdine fixé sur lui.
- « C'est qu'un petit vieux, » dit-elle. « Il m'a pas l'air d'un grand héros. S'il est tellement fort, pourquoi il n'est pas riche ? »
- « Dis donc... » Commence Malachite.
- « Alors c'est pour ça qu'on poireautait ? » Le coupe sa femme. « Assis à longueur de temps dans cette barge puante qui fuit de partout ? À guetter des marchands qui ne viennent jamais ? À attendre des petits vieux aux pattes Arquées ? J'aurai dû écouter ma mère ! Tu veux que je laisse notre fils guetter pour qu'un petit vieux vienne le tuer ? C'est ça ta vision de l'avenir de la famille ? Eh ben, pas question ! »
- « Dis donc ... »
- « Hah ! Mon frère, il n'attrape pas de petits vieux, lui ! Il attrape des marchands bien gras ! C'est quelqu'un, lui ! T'aurais dû t'associer avec lui quand t'en avais l'occasion ! »
- « Je préfère encore manger des vers ! »
- « Des vers ? Hah! Depuis quand on peut se payer des vers à manger ? »
- « Je peux te dire un mot ? » propose K'mtar.
Il gagne tranquillement l'autre extrémité de la passerelle en faisant d'une main des moulinets avec son Mek'leth.
L'Orion le suivit à pas feutrés.
K'mtar farfouille, en quête de ses cigarillos. Il lève les yeux vers l'Orion et lui tend la boîte.
- « Tu fumes ? »
- « Ce truc-là, cela peut vous tuer, » dit L'Orion.
- « Oui. Mais pas aujourd'hui. »
- « Traîne pas à discuter avec tes bons à rien de copains ! » Beugle Smaragdine de l'autre bout de la passerelle. « C'est aujourd'hui que tu dois livrer la cargaison ! Chert a dit qu'il ne pourrait pas te garder le boulot indéfiniment si t'es pas plus sérieux, tu le sais ! »
Malachite fait à K'mtar un petit sourire navré.
- « Elle m'est d'un grand soutien, » dit-il.
- « Pas question que j'intervienne encore une fois pour te sauver la mise ! » Rugit Smaragdine. « Cause lui donc des koucs, monsieur le grand Pirate. »
- « Des koucs ? » fit K'mtar.
- « Je ne vois pas ce que c'est, cette histoire de koucs, » dit Malachite. « Faut tout le temps qu'elle parle de koucs. Jamais entendu parler de koucs, moi. »
- « Oui des koucs » Hurle une dernière fois l'orionne avant de retourner dans les profonds du vaisseau pirate, aussitôt suivi par la ribambelle des enfants du couple.

* * * * *

- « A vrai dire, » fait K'mtar une fois qu'ils furent seuls, « Je n'avais pas l'intention de te tuer. »
La figure de l'Orion s'allonge.
- « Ah non ? »
- « Seulement te voler ton trésor. »
- « Ah oui ? »
K'mtar lui tapote le dos.
- « Et puis, » dit-il, « j'aime rencontrer des gens qui ont ... bonne mémoire. C'est de ça que le pays a besoin. Une bonne mémoire. »
L'Orion se met au garde-à-vous.
- « J'essaye de faire de mon mieux, chef, » Assure-t-il. « Mon gars veut s'en aller, travailler à la ville. J'y ai dit, y a un Orion sur cette passerelle depuis pas loin de cinq cents ans... »
- « Alors, si tu veux bien me passer ton trésor, » fait K'mtar, « que je m'en aille. »
La panique ride soudain la figure de l'Orion.
- « Mon trésor ? Je n'en ai pas, » dit-il.
- « Pas de trésor ? Et les marchands alors. »
- « Plus personne ne passe par cette route. Vous êtes le premier depuis des mois, sans blague. D'après Smaragdine, j'aurais dû me mettre avec son frère quand ils ont ouvert la nouvelle route, mais... » Il éleve la voix « moi j'y ai dit, y a des Orions sur cette route depuis ... »
- « Ouais. »
- « Et puis, il y a mon pauvre vieux vaisseau. Et vous n'imaginez pas les tarifs que pratiquent les ingénieurs. Saletés d'ingénieurs. On ne peut pas leur faire confiance. »
L'Orion se penche vers K'mtar.
- « Pour tout dire, je suis obligé de travailler trois jours par décade dans la société de transports de mon beau-frère pour joindre les deux bouts. »
- « Je croyais que ton beau-frère était aussi un pirate ? » s'étonne K'mtar.
- « Oui, un de mes beaux-frères. Mais ma femme a des frères comme les rthiens des puces. »
L'Orion contemple la passerelle d'un oeil morne.
- « Un seul est pirate, un fait du transport depuis Deep Space 9, et le gros est marchand du côté de.. je ne sais où. »
- « Il y en quand même un qui est pirate. »
- « Même pas, il a des cardarciens qui travaillent pour lui. »
K'mtar hoche la tête d'un air entendu.
- « Savez-vous, » reprend L'Orion, » que je dois régulièrement aller manger avec eux ? Avec les trois ? Et les écouter rabâcher qu'il faut vivre avec son temps ... »
Il tourne sa grosse figure triste vers K'mtar.
- « Y a pas de mal à respecter les traditions familiales quand même ? » Fait-il. « On m'a élevé pour ça. Je veux que mon petit Sinople reprenne ma place quand je serai plus là. Y a pas de mal à ça »
Ils s'appuient sur la console, l'air morose, et contemplent les écrans éteint autour d'eux.
- «Tu sais, » dit lentement K 'mtar, « je me souviens d'un temps où l'on pouvait voyager des mois sans voir âme qui vive. » Il tapote son Mek'leth. « Du moins qui vive très longtemps. Maintenant, il y a des colonies un peu partout. De petites colonies où travaillent de petites gens. Et des stations de police partout. Partout où le regard se tourne, des colonies, des stations des petites gens. »
- « Elle a raison, évidemment, » reprend L'Orion qui poursuit sa conversation intérieure. « Y a pas d'avenir dans la piraterie artisanale. »
- « Je veux dire, » fait K'mtar, « j'ai rien contre les colonies. Ni contre les coloniaux. Il en faut. Seulement, avant, ils s'installaient loin, à la lisière. Maintenant, la lisière, elle est ici. »
- « On est tout le temps repoussés, » fait L'Orion. « Faut tout le temps se recycler. Comme mon beau-frère Chert. Un transporteur ! Un Orion patron d'une société de transports avec des cargos jusqu'à Toupe »
K'mtar relève la tête, surpris.
- « Taupe, le repaire des indépendantistes Karmat ? »
- « Les indépendantistes ? Quelles indépendantistes ? Tous reconverti dans le tourisme et la thalassothérapie. »
- « De la thalassothérapie...!!! Je l'aimais bien moi cette planète, les meilleurs bordels du quadrant et ces coupe-gorge. »
- « Et les indépendantistes, voilà des gens qui savaient travailler au corps un otage, on ne pas parler de douleur, si l'on n'est jamais passé par là. »
Une longue pause suivit, le temps que K'mtar digère l'information. Il abat son poing sur la console. Un morceau de métal se détache et tombe sur le sol.
- « Pardon, » fait-il.
- « Pas grave. y a des bouts qui tombent sans arrêt, je t'ai dit. »
K'mtar se retourne. « Qu'est-ce qui se passe? Je me souviens de toutes les Grandes guerres d'autrefois. Pas toi ? T'as dû te battre aussi. »
- « J'ai participé à de grandes razzias derrière la zone neutre, quais. »
- « On était censés se battre pour l'honneur d'un empire. »
- « Ben, moi je me suis battu parce qu'un gros Orion avec un fouet me l'a ordonné, » fait prudemment Malachite. « Mais je vois ce que tu veux dire. »
- « Je veux dire que ce n'était pas pour des colonies et des petites gens. Hein ? »
Malachite baisse la tête.
- « Et moi qui suis là avec mon minable vaisseau. Vraiment, je suis gêné, » dit-il, « vous avez fait du chemin et tout ... »
- « Il y avait un empereur... » Dit K'mtar en regardant les écrans éteints « et même un Dieu dans l'empire... Il me semble. J'en suis à peu près sûr. L'ai jamais rencontré. Tu sais quoi ? »
Il fait un grand sourire à l'Orion.
- « Je retrouve pas son nom. »

* * * * *

Une demi-période plus tard, le vaisseau de K'mtar, émerge du secteur stellaire.
- « Bon ... combien tu lui as donné ? » Demande l'ordinateur.
- « Douze barrettes » répond K'mtar.
- « Pourquoi tu lui as donné douze barrettes ? »
- « C'est tout ce que j'avais. »
- « Tu dois être fou. »
- « Quand je me suis lancé dans l'aventure de guerrier solitaire » dit K'mtar, « Chaque système planétaire était sous la coupe d'un chef pirate et l'on ne pouvait pas traverser sans d'une dizaine entre eux essayent de vous tuer. 'soupir' Je me demande ce qui leur est arrivé. »
- « La civilisation. »
- « Bon, d'accord. Mais j'ai toujours cru qu'il y en aurait d'autres. J'ai toujours cru qu'il y aurait bordure extérieure. »
- « Tu as quel âge ? » demande l'ordinateur.
- « Je ne sais plus. »
- « L'âge d'avoir du bon sens, alors. »
- « Ouais. D'accord. »
K'mtar s'allume un nouveau cigarillo et tousse à s'en faire monter les larmes aux yeux.
- « Tu te ramollis du cerveau ! »
- « Ouais. »
- « Donner ta dernière barrette à un Orion ! »
- « Ouais. »
K'mtar souffle un filet de fumée asthmatique vers le plafond.
- « Pourquoi ? »
K'mtar contempla sur l'écran le soleil rougeoiement du système qu'il vienne de quitter et dans le froid glacial de la passerelle répond.
- « Pour garder les choses telles qu'elles devraient être. »
- « Hah ! »
- « Pour garder les choses tel qu'elles sont. »
- « Hah ! »
K'mtar baisse les yeux.
- « Et pour trois adresses. Un jour, je vais mourir, » dit-il, « mais pas aujourd'hui, je pense. »

* * * * *

C'était un vieux vaisseau. Et c'était un vieux pilote.
La température sur la passerelle semblait à peine supérieure à celle qui régnait à l'extérieur et de fins cristaux de glace tombaient des conduits pendant des plafonds
Malgré le froid mordant, l'unique occupant en portait qu'une simple armure de cuir et un bandage sur l'oeil gauche.

F I N

Adaptation à l'univers de Roddenberry d'une nouvelle de Terry Parchett « Troll bridge »

Cette ligne de programmation ne sert qu'a formaté proprement les lignes de textes lors d'un utilisation sous Mozilla Firefox. J'aimerais pouvoir m'en passer mais je ne sait pas comment, alors pour l'instant. Longue vie et prospèrité