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À travers le temps, l'espace et les dimensions...
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À travers le temps, l'espace et les dimensions....
Préface de l’auteur.

Il y a quelques informations que je dois donner au lecteur ou à la lectrice avant qu’il ou elle entame cette fanfiction.
En effet, il y a un contexte à connaitre, car j’ai écrit cette histoire suite à une plaisanterie.
Un ami à moi, ci-après nommé Paul s’est fait tatouer le visage de Spock sur le bras, environ au niveau du biceps. Dans une conversation faceborg à ce propos, nous avons plaisanté sur le fait que son tatouage devait bouger quand il contracte son biceps, comme dans les dessins animés, voici un extrait (anonymisé) de cette conversation :

Même si au moment de dire que j’avais envie de faire une fanfiction, je ne pensais pas que je le ferais, l’engouement de Paul m’a motivé, c’est ce que vous allez lire ici.
Paul en a bien sûr été le premier lecteur, des années avant que cette histoire soit diffusée publiquement. (Elle a trainé longtemps dans mes dossiers avant que je me décide). Bien que Paul m’ait donné son accord écrit pour la publier telle quelle avec son véritable prénom, j’ai préféré modifier ce dernier avant publication, par pudeur personnelle.
Il s’agit de ma première fanfiction, j’espère que vous vous amuserez autant à la lire que moi à l’écrire.

À travers le temps, l'espace et les dimensions...

Paul rentre doucement d'une convention dans sa petite voiture. Il n'a pas encore enlevé son uniforme.
Tout d'un coup, un étrange halo lumineux pailleté l'entoure, et dans une fraction de seconde il s'effondre par terre dans une pièce étrange.
Elle est majoritairement gris foncée, avec des poutres brunes et des rampes de lumière blanche, une espèce de console se trouve sur un côté. Il y a un renfoncement arrondi, c'est là que se trouve Paul.
Ce dernier tente de se relever, avec difficulté, en effet il se rend compte qu'il est menotté.
Il se dit qu'il n'aurait pas dû reprendre du bloodwine artisanal qu'a apporté Dra’ghoH à midi...
Une personne s'approche de lui, une coupe de cheveux un peu étrange, avec une frange en forme de V ; habillée en bleu et gris.
L'esprit encore stupéfait de Paul peine à reconnaître un uniforme romulien, comme dans la série originale de Star Trek.
La romulienne s'approche de lui, raide comme un piquet, et lui lance d'un ton autoritaire :
- De quelle époque venez-vous ? Quelle est votre mission ?
Paul comprend alors et éclate de rire :
- C'est bon les amis, vous pouvez arrêter votre blague ! C'est bien joué, vous m'avez bien eu !
Son attitude ne lui vaut cependant qu'un coup de poing dans le ventre de la part de l'officière romulienne.
- Emmenez-le en salle d’interrogatoire ! Ordonne-t-elle d'un ton péremptoire à des officiers que Paul n'avait pas encore remarqués.
Encore le souffle coupé, il se laisse entraîner par ses gardiens à travers les corridors gris et bruns en toussant violemment.
Il se demande ce qu'il se passe, est-ce qu'il rêve ? La douleur dans son ventre a tendance à le convaincre que non. Alors peut-être qu'il est mort dans un accident de la route et qu'il est au paradis des trekkies ? Improbable.
Arrivé en salle d'interrogatoire, ses gardiens le poussent sur une chaise inconfortable, puis sortent en activant un champ de force.
- C'est super bien fait, se dit Paul.
N'osant pas bouger, il regarde autour de lui, il cherche un détail, un défaut, n'importe quoi, qui lui indiquerait que le décor est en carton et plastique, que le champ de force est un effet de miroir. Mais il ne trouve rien, tout est parfait, les murs ont bien l'air en métal. Sa chaise en partie aussi.
Quelqu'un aurait mis une substance hallucinogène dans son verre à un moment ?
C'est trop incroyable pour être vrai.
Le champ de force se désactive, et la romulienne qui l'a frappé entre dans la salle, elle a deux verres dans les mains. Elle en pose un en face de Paul, s'assied de l'autre côté de l'espèce de table, bois une gorgée dans son propre verre, et puis le pose devant elle.
Paul a soif, il roulait depuis un moment, et n'avais pas mis de bouteille à côté de lui pour le trajet. Il prend comme il peut le verre malgré ses menottes et le renifle d'un air méfiant. Aucune odeur.
- Buvez. Si je voulais vous tuer ou vous droguer, j'emploierais des moyens plus radicaux. Ne craignez rien... Pour l'instant, dit la romulienne avec une froideur à faire frissonner un Pah-wraith.
Notre ami se décide. En effet ce n'est que de l'eau, la plus pure qu'il n'ait jamais bu.
Au moment où il allait reposer le verre, son interrogatrice tape d'un coup du plat de la main sur la table en criant :
- De quelle époque êtes-vous !
Paul en sursaute et son verre se renverse sur lui.
Il bredouille un "désolé" complètement hors de propos, mais il faut le comprendre, c'est une expérience étrange et perturbante. Sidérante.
D'une voix douce qui contraste totalement avec son éclat précédent elle demande à nouveau :
- Quelle est votre mission ?
Puis elle pose ses deux mains à plat sur la table et regarde Paul fixement dans les yeux.
Il se liquéfie littéralement sur place, elle est terrifiante, de la sueur coule à grosses gouttes sur son front.
- Je... Je ne comprends pas, qu'est-ce que je fais là ? Demande Paul d'une voix tremblante.
L'interrogatrice se renfonce dans son fauteuil, et prends un air pensif. Puis elle se lève et ressort de la pièce, le champ de force se désactive et se réactive sur son passage.
Paul l’entend parler à quelqu'un.
- C'est incompréhensible, je n'ai jamais vu un officier de starfleet réagir de cette manière, il ressemble encore plus à un petit animal terrifié que le plus sensible des cadets que j'ai pu interroger. Je ne sais pas de quelle époque il vient, mais l'enseignement de l'académie de starfleet doit s'être bien dégradée dans le futur. Qu'est-ce que vous dites à propos de la matière de son insigne ? Un dérivé de résidu organique fossile ?
Au moment où l'officier terminait sa phrase, un bruit d'explosion étouffée se fait entendre, toute la pièce où Paul se trouve tremble et il en tombe par terre.
Une sorte d'alarme semble retentir dans le vaisseau enfin... Ce que l'esprit enfiévré de Paul suppose être un vaisseau ; il entend des pas précipités dans le couloir.
Notre ami se relève tant bien que mal, toujours menotté. Et essaie de s'approcher du champ de force, avec la grâce et l'élégance d'un Tholien shooté aux ultrasons.
La pièce tremble encore énormément. Il voit des espèces de traits d'énergie fuser dans le couloir et entends des bruits de corps qui tombent.
Un homme apparaît devant le champ de force et commence à trafiquer quelque chose sur le côté. Il porte un pull rouge avec un insigne. Paul reconnaît l'uniforme des officiers de sécurité de starfleet dans TOS.
- Incroyable, dit-il entre ses dents.
Une autre personne apparaît à côté de lui, avec le même uniforme. La peau bleue, de longs cheveux blancs surmontés de deux antennes, elle semble faire des tirs de barrages avec son phaser pour donner du temps à son camarade. Un tir lui provoque un trait de brûlure sur l'épaule, elle grimace de douleur mais continue à tirer.
Tout d'un coup le champ de force se désactive et la personne qui ressemble, aux yeux de Paul, à une andorienne se précipite sur lui et le prend par l'épaule, tandis que son collègue crie dans un petit boitier noir et argenté :
- Cible acquise ! Téléportation d'urgence de trois personnes !
Et à nouveau Paul se voit enveloppé d'un halo lumineux et pailleté avant de se retrouver d'un coup dans une autre pièce étrange.
Il n'a pas le temps de regarder autour de lui qu'une secousse le propulse en avant, une console explose au moment où il arrive dessus. Il ressent une violente brûlure au niveau du torse et est rejeté dans la direction opposée. Il heurte une paroi, puis de douleur et de désorientation, il s'évanouit.

Paul est allongé, il sent une surface confortable en dessous de lui, une odeur difficile à définir l'entoure, un peu comme quand on prend une grande inspiration en haut d'une montagne, loin des villes. Oui c'est ça, l'air semble particulièrement pur.
Des voix se font entendre.
- Daniel, avez-vous déjà vu ce type d'uniforme ?
- Oui, il s'agit là d'une grave contamination temporelle. Je ne peux pas vous en dire trop, mais sachez que cet uniforme n'a rien à faire ni à l'époque où nous nous trouvons, ni à la vôtre.
Une autre voix, plus crispée se fait entendre.
- Bon sang ! Dites-nous au moins s'il s'agit d'un uniforme de starfleet ! Qu'on sache à qui l'on a affaire !
Un silence d'hésitation plus tard, la deuxième voix répond :
- Bon ça je peux bien vous le dire, oui c'est un uniforme d'officier de starfleet.
Un bruit électronique se fait entendre. Paul finit par le reconnaître, c'est le bruit d'un tricorder ! Comme dans la série ! Si c'est un rêve, il est donc toujours dedans, il n'est pas en train de se réveiller à l'hôpital.
Celui qui se fait appeler Daniel parle à nouveau :
- Je ne comprends pas, ce n'est pas du tout la bonne matière. Ces fibres textiles ne sont plus utilisées depuis le Premier Contact ! C'est si improbable. On dirait que cet uniforme a été créé à l'époque où nous nous trouvons en ce moment !
La première voix à avoir parlé s'exprime à nouveau :
- Allons chercher dans nos banques de données si son visage est répertorié.
Des bruits de pas s'éloignent.
Paul ouvre les yeux.
Il voit un plafond gris avec des lumières violacées. Il redresse un peu la tête, les murs sont gris, avec des sortes de poutres violettes. En face sur la gauche, il y a un étrange lit, surmonté d'un écran éteint. À sa droite il y a un autre lit également surmonté d'un écran, y est allongée l'andorienne qu'il a vu précédemment.
Il s'aperçoit qu'il y avait une femme à sa gauche au moment où il l'entend parler, elle est en robe bleue :
- Docteur, notre patient mystère se réveille.
Pendant que des bruits de pas s'approchent, il regarde le visage de la femme.
- Non ! Ce n'est pas possible ! Elle est... Non ! Dit-il d'une voix inconsistante, les yeux exorbités façon Gowron.
Et Paul s'évanouit une fois de plus.
Quand il sort à nouveau de sa torpeur, il garde les yeux fermés. Il réfléchit. Il a vu Majel Barrett ! C'est proprement impossible ! Toute jeune, comme dans la série originale ! En uniforme médical ! Non, non, j'ai dû confondre, c'est impossible.
Et il se décide à ouvrir les yeux.
La femme est penchée au-dessus de lui, elle éponge son visage, c'est frais. Paul se rend compte qu'il est couvert de sueur. Il la regarde. Oui c'est bien elle.
- Ma... Majel Barett ? C'est bien vous ? Comment est-ce possible ? Dit-il d'une voix encore faible.
Elle lui sourit en continuant à éponger son visage et lui dit d'une voix apaisante :
- Je ne vois pas de qui vous parlez. Je me nomme Christine Chapel, je suis l'assistante du docteur Leonard McCoy.
Elle avait prononcé les trois derniers mots plus forts, pour appeler l'intéressé en même temps.
Paul fait un sourire perturbé.
- Mc... Jackson DeForest Kelley ? Mais...
Un homme arrive dans la pièce, habillé de bleu, l'uniforme médical et scientifique de la série originale, c'est bien lui.
- J'ai l'impression qu'il délire, il donne des noms étranges.
Le docteur s'approche de Paul.
-Bonjour, comment vous vous sentez ?
Sa voix est calme et apaisante. Il a un sourire compatissant.
- Je... Ça va je crois, je suis juste désorienté, je ne comprends pas ce qui m'entoure, ni ce qui m'arrive.
Le docteur lève les deux, il semble regarder l'écran qui surmonte le lit de Paul. Puis il explique :
- Juste après votre téléportation une console vous a pratiquement explosé dessus, puis vous avez été violemment projeté contre un mur. Vous aviez une brûlure au 3ème degré sur tout le torse et une côte fêlée. Mais tout va bien maintenant. L'Enterprise est à l'abri hors de portée des romuliens ; dans une heure ou deux vous serez complètement guéri.
Paul s'aperçoit que l'andorienne n'est plus dans la pièce. Le docteur, qui a suivi son regard explique :
- La lieutenante Therih, qui, avec l'enseigne Grantt, vous a sorti des griffes des romuliens n'avait qu'une brûlure de phaser superficielle, elle a vite guéri et est repartie en service.
Notre ami se dit en lui-même que pour une hallucination, elle est quand même sacrément cohérente. Il décide de jouer le jeu, il verra bien où ça le mène.
Le docteur se rapproche d'un mur, appuie sur un bouton et appelle la passerelle.
C'est à ce moment-là que Paul se rends compte qu'il parle un parfait français, alors qu'il a la même voix que l'acteur en version originale. En américain donc. De plus en plus étrange.
Leonard explique alors à notre ami que le capitaine et son second vont venir l'interroger. Et après un sourire rassurant, il s'éloigne.
L'infirmière Chapel s'approche de lui, un pull gris, et un pantalon noir dans les bras. Elle les pose devant lui sur le lit.
- Votre ancien uniforme est à moitié brûlé, on n'a pas eu le temps de synthétiser des vêtements pile à votre taille, mettez ceux-ci en attendant, ça devrait vous aller.
Et puis elle sort de la pièce pour le laisser se changer.
Paul hésite un peu, puis finit par se déshabiller. Il s'aperçoit qu'il avait son caleçon Star Trek. Dessus on y voit les visages des personnages principaux de Star Trek. Si le docteur avait vu ça...
Il enfile le pantalon, il est un peu trop moulant, puis prend le pull qui, lui, a l'air trop grand.

Spock avance dans le couloir en compagnie du capitaine Kirk et de l'agent temporel Daniel. Jim lui demande ce qu'il pense de tout ça.
- Ce serait illogique de tirer des conclusions avec si peu d'informations capitaine.
Daniel confirme les propos de Spock auprès de Kirk, les deux humains sont un peu en retrait, Spock rentre en premier dans la pièce. Il n'avait pas encore vu l'inconnu.
C'est un homme particulièrement grand, torse nu, un pull trop grand gris à la main. Il regarde le vulcain avec un air de surprise, un reflet vert passe dans son regard sombre et mystérieux. Ses cheveux délicatement teintés d'argent sont légèrement ébouriffés. La discrète musculature de son torse arrondi les angles virils de son corps svelte.
Paul en apercevant le regard étrange et inquisiteur du vulcain, sent un rougissement monter en lui. Devant cet air innocent et timide, le vulcain sent monter une émotion forte, qu'il a du mal à réprimer. Il tente de déployer toute la force de sa logique pour la réprimer, c'est un effort incommensurable qu'il déploie sous son visage en apparence impassible. Il finit par se ressaisir, mais malgré tout, pendant une fraction de seconde, il a senti ses joues rougir.
Il s'écarte avec souplesse de la porte pour laisser passer ses camarades et concentre son regard sur la console informatique la plus proche de lui ; tout en calculant mentalement l'influence du champ de distorsion sur le spin d'un atome d'antimatière.

Paul, quand à lui, est resté un moment le regard plongé dans celui de Spock. Spock, combien de fois il a fantasmé sur le séduisant et mystérieux vulcain, devant son écran. Le voilà en vrai, qui le contemple lui, torse nu.
Puis il a rapidement repris ses esprits et s'est empressé d'enfiler son pull, et de cacher son bras tatoué le plus vite possible de la vue des arrivants. Si les protagonistes voyaient leurs propres visages sur son bras, leur réaction risquerait d'être... Imprévisible.
Il s'assied sur le lit qui lui a été attribué, et attend que les personnes se présentent.
Il a bien sûr reconnu le capitaine Kirk, le visage du troisième homme lui évoque quelque chose, mais il n'arrive pas à l'associer à quelqu'un.
- Je suis le capitaine Kirk, voici mon second Spock et voici Daniel un agent temporel.
Paul se frappe le front. C'est un personnage d'Enterprise ! Mais qu'est-ce qu'il fait là ?! Ça devient n'importe quoi cette hallucination !
James T. Kirk, voyant l'attitude étrange de l'homme, jette un regard interrogateur au docteur McCoy, qui lui rend la même interrogation.
Paul se reprend et se présente.
Le capitaine lui demande de quelle époque il vient.
Paul s'emporte d'un coup :
- Encore cette question ! Mais qu'est-ce que vous avez tous avec ça ?! L'autre psychopathe capillaire me harcelait aussi avec cette question !
Bones réagit avec souplesse et précision, sans violence, et lui plaque un hypospray sur le bras pour lui injecter un léger calmant.

Spock, en voyant ces yeux charmants s'enflammer de colère, doit à nouveau réprimer une forte émotion. Il a un mal fou à conserver son esprit analytique sous l'influence de cet homme. Il voudrait sortir, mais n'a aucune excuse logique de le faire.

Le produit fait son effet sur Paul, et répond plus calmement :
- De quelle époque voulez-vous donc que je vienne enfin ?
- Paul, regardez autour de vous, croyez-vous que tout ceci est votre environnement habituel ? Dites-nous dans quel siècle vous pensez être ? Lui demande Daniel d'un air accommodant.
L'intéressé hésite, mais finit par répondre :
- En ce moment, je ne préfère pas trop m'avancer, mais avant que tout devienne bizarre, j'étais au 21ème siècle.
- Oui, bien sûr, répond Kirk d'un air mi-figue mi-raisin, mais vous avez toujours vécu au 21ème siècle ?
Paul tourne la tête de gauche à droite, ne sachant s'il doit rire, ou partir en courant.
- Vous vous moquez de moi non ? Quand voulez-vous que j'ai vécu enfin ? Bien entendu. Heuu... bon, d'accord je suis né dans la deuxième moitié du 20ème siècle.
Daniel le regarde d'un air sceptique, puis se retourne vers les autres :
- J'aimerais parler seul avec lui, vous comprenez, ça concerne la première directive.
Kirk répond en ordonnant à tout le monde de sortir puis quitte la pièce à leur suite.
Une fois dehors, Spock réprime un sentiment de soulagement. Après tout ce temps, tout cet entraînement, comment de pareilles émotions peuvent parvenir à ce point à affaiblir ses barrières ? Sa logique lui dicte de rester loin de cet homme, mais une émotion imposante donne des coups de butoirs à son esprit rationnel, le poussant à vouloir être en présence de cet homme.
Autour de lui, Kirk, McCoy et Chapel débattent de ce qu'ils pensent de leur invité. Tout le monde a l'air un peu perdu, mais clairement pas autant que lui.

Dans l'infirmerie, Daniel pose à Paul la question qu'il retient depuis le début :
- Vous avez un uniforme qui ne rentrera pas en service à starfleet avant la fin des années 2360 ! Comment m'expliquez-vous que vous en portez un au 21ème siècle... Alors que starfleet n'existe même pas encore ?!
Paul regarde ses vêtements d'un air perdu. Non pas le pull gris trop grand. Il regarde autour de lui et remarque les vêtements qu'il a laissés sur le lit.
- Mon cosplay de Voyager, dit-il d'un air pensif.
L'agent temporel saisi le mot au vol.
- Voyager ? Le Voyager ? Vous parlez d'une des sondes ou du NCC-74...
- ...656, termine Paul par réflexe.
Daniel prends un air triomphant et le pointe du doigt :
- Ha ! Ha ! Vous venez de la fin du 24ème siècle ! Avouez-le !
Paul recule d'un pas et répond, paniqué :
- Mais vous délirez ! C'est juste un cosplay Star Trek !
Le bras de l'agent temporel retombe en claquant sur sa cuisse.
- Un cosplay ? Répète-t-il d'un air surpris, ça existait déjà ?
Puis se récupérant il pose une question plus pertinente :
- Star Trek ? C'est quoi Star Trek ?
Le menton de Paul en tombe. Les yeux écarquillés.
- Mais enfin ! Star Trek ! On est en plein dedans !
Daniel regarde autour de lui d'un air d'incompréhension totale.
Puis, il se reprend, et avance vers la porte, qu'il ouvre.
Chapel, McCoy, Bones, Spock et Kirk se retournent vers lui.
- J'ai dit ce que j'avais à dire, j'ai l'impression d'avoir progressé même si je ne comprends toujours rien. Il dit que c'est un cosplay de Star Trek et que Star Trek, on est dedans.
Le petit groupe rentre à nouveau dans l'infirmerie.
Spock baisse discrètement les yeux pour ne pas croiser le regard dangereusement émouvant de Paul.
Au moment où le docteur McCoy allait prendre la parole, une sonnerie retentit, Kirk répond en appuyant sur un bouton au mur et en s'identifiant.
Une voix d'officier se fait entendre :
- Le prisonnier romulien est prêt à être interrogé capitaine.
Kirk se retourne alors vers les autres et leur dit :
- Il faut qu'on aille interroger le prisonnier, un volontaire pour faire visiter le vaisseau à notre invité ?
Spock a une impulsion tellement soudaine qu'il n'a pas le temps de la réprimer :
- Je m'en occupe Jim.
Trop tard, c'est sorti, la logique a encore échouée.
Paul regarde les yeux du vulcain pointer dans sa direction, d'un air bizarre, comme s'il essayait de ne pas croiser ses yeux. Et lui proposer de le suivre.
Cet air gêné et hésitant qui cherche à se camoufler sous un visage impassible, Paul trouve ça... Séduisant. Il sourit un peu, et s'avance vers Spock.
Ce dernier se détourne légèrement plus vite qu'il ne l'aurait dû normalement.
Et les deux humanoïdes commencent à avancer dans le couloir, presque côte à côte, l'humain un pas en retrait du vulcain.
- Avez-vous une préférence ? Demande Spock.
- Une préférence ? Reprend Paul d'un ton rêveur.
- Pour la visite, précise le vulcain d'une voix qui cherche à cacher son trouble.
Paul ressent une sensation étrange dans le bas du ventre, en écoutant l'officier scientifique... Ah oui ! C'est la faim.
- Le réfectoire ?
Spock attire l'attention de Paul sur un panneau mural, il lui dit qu'il va lui montrer comment s'orienter grâce à l'ordinateur, et lui désigne un bouton :
- Il suffit d'appuyer dessus et de demander sa destination à haute voix.
Paul approche sa main pour appuyer, mais Spock faisait de même, joignant le geste à la parole. Leurs mains se touchent, ils tournent la tête chacun pour s'excuser, leurs visages face à face se touchent pratiquement. Notre ami a un grand sourire amusé, quand à Spock, il ne peut retenir un rougissement, puis il tourne rapidement la tête en se raidissant. Il lui faut une seconde pour se rendre compte qu'il touche toujours la main de Paul, à ce moment il la retire vivement.
Il s'écarte d'un pas et s’éclaircit la gorge :
- Je vous laisse essayer.
Paul comprends bien le manège qui est en train de se jouer. Il est à la fois flatté et amusé. Ce digne vulcain réagit comme un adolescent à ses premiers émois. C'est trop mignon. Il réfrène l'envie de le plaquer contre le mur et de l'embrasser. Puis se concentre sur la console murale. Il appuie sur le fameux bouton et demande le réfectoire. Un plan s'affiche sur l'écran, ainsi qu'une flèche clignotante.
- Suivons la flèche, vous allez voir, à chaque fois qu'on passera près d'une console, une flèche apparaîtra pour nous indiquer la route à suivre. Explique Spock.
Le duo arrive sans encombre à destination.
Au moment de passer la porte, Paul, d'humeur joueuse, fait exprès d'accélérer le pas, pour effleurer le vulcain avec l'étroitesse de la porte comme prétexte. Il sent sous l'uniforme, la peau chaude frissonner à son contact.
L'air de rien, Spock avance vers le réplicateur de nourriture, cette fois-ci il prend bien soin de rester éloigné de l'objet. Et explique à Paul l'utilisation de l'appareil. Simple au demeurant.
Il commence le geste de prendre les cassettes de données contenant les recettes des plats, pour les tendre à Paul, mais se ravise au dernier moment, et se contente de lui montrer l'endroit, en reculant d'un pas.
Paul, qui n'est pas né de la dernière pluie, n'a rien loupé de la manœuvre.
Il pouvait attraper les cassettes simplement en tendant le bras, mais se déplace volontairement en face, de manière à se mettre dos à Spock, et cherche une recette qui lui plait.

Pendant que Spock se félicite de sa stratégie pour éviter de toucher à nouveau Paul involontairement ; il ne se rend pas compte que son regard est en train de glisser le long du dos de l'homme, jusqu'à ses fesses moulées à l'extrême par le pantalon trop petit qu'il porte. Lorsqu'il s'en rend compte, il est trop tard. Il est complètement absorbé par le spectacle. Son cerveau rationnel est battu à plate couture par le postérieur rebondi du séduisant quarantenaire.
Mais le vulcain refuse de se laisser emporter par ses émotions, il déploie toute la puissance de sa logique et de sa vulcanité, et dans un puissant effort, réussi à remonter les yeux... C'est là qu'il voit dans le reflet d'un écran éteint, le regard taquin de Paul qui visiblement n'a rien loupé de ses errances oculaires. Spock tente de sauver l'honneur en se recomposant un visage impassible, même s'il est trop tard.
- Avez-vous choisi ?
Paul montre deux cassettes :
- J'hésite entre les courgettes farcies à la saucisse, et la soupe plomeek, je me suis toujours demandé quel goût avait cette substance vulcaine, un conseil ? Demande-t-il de l'air le plus innocent du monde.
Spock décide de changer de stratégie :
- Tout dépends si vous êtes aventureux... Culinairement parlant.
Efficace. C'est au tour de Paul d'être gêné par ce trait d'esprit inattendu. Il va se calmer un peu. Il se retourne pour cacher ses joues rosies au regard du vulcain.
- J'ai choisi, dit-il sans un mot de plus, en insérant la cassette contenant entre-autre la soupe plomeek dans l'appareil.
Le volet du réplicateur se ferme un instant, puis se ré-ouvre avec un large bol, rempli du met choisi. C'est relativement impressionnant se dit-il.
Après avoir laissé passer l'humain avec son plat, Spock choisi la même chose, puis suit Paul qui s'est naturellement déplacé vers une table vide. Une table pour deux. Spécifiquement.

Il s'assied en face de lui et se plonge dans la contemplation béate de son bol de soupe. Surtout pour éviter le regard de l'humain.
Paul se pose un peu, et essaie de prendre un peu de recul sur ce qu'il se passe. C'est tout de même inconcevable. Il est sur l'Enterprise, le NCC-1701, le vaisseau incommensurablement culte de sa franchise préférée, assis dans le réfectoire, face au célèbre (et séduisant) vulcain Spock, s'apprêtant à déguster un plat extraterrestre, qu'aucun autre humain de son époque n'aura probablement la chance de découvrir. Et pour couronner le tout, l'officier scientifique en dépit de toute probabilité, semble attiré par lui.

L'être aux oreilles pointues décide de ramener les pensées de l'humain vers un domaine plus pragmatique.
- Vous dites que nous sommes dans "Star Trek". Qu'est-ce que vous appelez "Star Trek" ? En quoi sommes-nous dedans ?
Paul se sent mal à l'aise avec cette question. Ça lui rappelle qu'il est dans une situation incompréhensible entre la folie et l'onirisme. Tout ceci est sidérant. Il marque une pause dans ses pensées, puis il se rappelle une astuce pour réfléchir posément, il fait comme s'il n'était pas concerné, il s'imagine détaché, dans l'abstraction.
- Dans mon monde, Star Trek est une licence audiovisuelle diffusée par un réseau que l'on appelle télévision sous forme de série d'épisodes, ainsi qu'une série de films diffusés dans ce qu'on appelle des cinémas. Explique-t-il d'un ton didactique.
- Je sais ce que sont les séries et les films, Paul. Le coupe Spock.
- Bon, bon, eh bien donc, Star Trek, ça raconte une histoire du futur imaginaire... Enfin c'est ce que je croyais. Bref, il y a six séries. Deux d'entre-elles racontent l'histoire de l'équipage d'un vaisseau d'exploration du 23ème siècle nommé l'USS Enterprise NCC-1701, parmi les membres de l'équipage se trouvent le capitaine Kirk, le second Spock, le Docteur McCoy...
Spock l'écoute parler d'un air sceptique, mais sans l'interrompre.
- l'infirmière Chapel, le chef ingénieur Scotty, ainsi que Sulu, Uhura et Checkov tous officiers de passerelle à différents postes.
À l'évocation des derniers noms le scepticisme de Spock s'efface brutalement. Il est impossible qu'il connaisse ces personnes.
- Je chercherai des références à ce "Star Trek" dans notre base de données, mais si une série avait pu prédire notre futur, je pense que nous serions au courant quand même. Expose Spock d'une voix calme et posée.
- Puisqu'on parle de ça, j'aimerais savoir comment je me suis retrouvé au 23ème siècle moi.
Spock regarde Paul en hésitant à répondre. Même si c'est un habile espion romulien, il ne risque rien à lui dire ça :
- Mais nous ne sommes pas au 23ème siècle. En combattant ce vaisseau romulien qui avait franchi la zone neutre, nous sommes tombés dans une anomalie qui nous a transportés au 21ème siècle. Ce devait être l'objectif premier des romuliens puisqu'ils ont essayés de nous distancer et que nous les avons poursuivis jusque dans l'orbite de la terre.
Paul opina du chef. Il avait fini de manger sa soupe vulcaine. C'était fade, mais très nourrissant. En fait exactement comme il l'imaginait.

Spock ayant également terminé de manger, il propose à Paul de lui faire visiter l’ingénierie.
Cette fois-ci, ils n'utilisent pas la console pour se diriger, le vulcain se contente de guider notre ami dans les couloirs.
Sur le trajet, Spock utilise son communicateur pour contacter des subordonnés et les charger de rechercher des informations sur Star Trek dans leurs bases de données.
Pendant ce temps, Paul observe autour de lui, il remarque un tube étiqueté "GNDN", dans les bonus DVD il a vu que c'était l'acronyme de "Goes Nowhere Does Nothing", "Ne va nulle part, ne fait rien" en français. Ça ne peut pas vouloir dire ça en vrai, enfin, si tout ceci est vrai. Il se dit qu'il faudra qu'il pose la question.
Tout à coup, une alarme se met à sonner, un bruit de choc étouffé retentit, une console sur le mur se met à crépiter et à faire des arcs électriques. Spock a le réflexe de plaquer Paul au sol pour le protéger, et la console explose au même moment.
Le vulcain essaie de se relever avec difficulté, des bruits d'explosions retentissent et le vaisseau est secoué dans tous les sens. Il retombe sur notre ami.
Ce dernier le regarde d'un air moitié admiratif, moitié apeuré, moitié lascif. Spock se dit que ça fait beaucoup trop de moitiés et roule sur le côté.
Il prend appui sur la paroi et se relève vraiment, puis tire l'humain vers lui, en l'attrapant par le bras.
- Ne bougez pas, je reviens, lui crie-t-il pour couvrir le bruit des explosions.
Et sur ces mots, il part en courant en direction de la passerelle, tout en se tenant aux parois avec une étonnante agilité, dans le couloir instable.

Paul se roule en boule, rentre la tête sous ses bras, et attends immobile. Il sent des officiers qui l'effleurent en courant frénétiquement. Pendant quelques instants les bruits et les tremblements s'arrêtent. Il entend des tirs de phaser au loin, exactement le même bruit que dans la série. Puis les bruits d'explosions et les violentes secousses reprennent.
Au bout d'une durée indéfinissable, tout se calme d'un coup. Paul n'ose toujours pas bouger. Quelques minutes plus tard, il sent une main lui toucher la hanche avec douceur. Il relève la tête et retrouve le visage calme et rassurant de Spock. De soulagement, il serre dans ses bras le vulcain penché sur lui. Ce dernier dans un premier réflexe, commence à enlacer l'humain, mais il se reprend très vite et s'en détache, sans toutefois pouvoir réprimer une rougeur qui monte à ses joues.
Notre ami reste au sol en regardant Spock, comme s'il attendait qu'il lui tende la main pour l'aider à se relever. Le vulcain ne réagit pas et reste raide comme un piquet ; ce qui pousse Paul à se relever par lui-même.
- Que s'est-il passé ? Demande-t-il en s’époussetant.
- Une attaque surprise des romuliens, nous les avons repoussés, mais ils ont réussi à faire évader le prisonnier. Explique posément l'officier scientifique.
Paul n'ayant rien à répondre, il enchaîne :
- Il se fait tard, je propose d'abréger la visite et de vous conduire aux quartiers que l'on vous a assignés, le repos vous aidera à vous remettre de vos émotions.
Notre ami acquiesce, et le duo se remet en route, jusqu'à s'arrêter devant un tube de Jefferies.
- L'ascenseur n'est pas encore sécurisé, nous allons devoir passer par ici, explique le vulcain en s'appuyant sur l'échelle.
Puis il commence à monter et précise :
- Rassurez-vous, ce n'est pas trop haut.
Paul commence à le suivre dans son ascension. Il a du mal à se concentrer sur ses mouvements. En effet, leurs positions respectives lui donnent une vue imprenable sur les parties les plus attrayantes de l'irrésistible plastique de Spock. L'étroitesse croissante de son pantalon lui indique qu'un autre genre d'échelle monte dans son corps.
Arrivé en haut, il trouve le vulcain en face de lui dans le corridor, qui le fixe à mi-hauteur, les joues complètement rouges, un sourire discret mais rêveur plaqué sur les lèvres. Paul ne sait plus où se mettre. Son pantalon est décidément trop petit ! Il ne sait pas comment se tourner pour masquer sa gêne, de côté ça risque d'être pire, de dos c'est impoli. Il se dandine d'un pied sur l'autre, aggravant le problème.
Un bruit de pas retentit dans le couloir. Spock sursaute, son visage redevient instantanément impassible et il détourne le regard dans une direction opposée à Paul. Ce dernier dans un moment de panique se met à faire semblant de récupérer un objet tombé par terre.
L'officier passe entre eux deux en les remarquant à peine, les saluant d'un signe de tête par réflexe, et continue son chemin au même rythme.

Le vulcain prends bien garde à ne pas se retourner en direction de l'humain, il ne veut pas se faire piéger à nouveau, et commence à marcher en direction de leur destination, en lâchant un laconique :
- C'est par ici.
Il n'ose pas se retourner pour voir si Paul le suit, mais il entend ses pas dans son dos.
Sur le chemin, il reçoit une communication, apparemment il n'y a aucune référence à une œuvre appelée Star Trek dans les banques de données, ni en film, ni en série, ni même sous aucune autre forme d'expression artistique. Pas de musique, de roman, de nouvelle... Rien.
Arrivé au niveau des quartiers alloués à Paul, Spock lui explique (de loin) comment utiliser la porte, et la lumière, lui souhaite une bonne nuit et s'éloigne.
Son quart est fini depuis longtemps, mais il se rend tout de même sur la passerelle. En sortant de l'ascenseur, il aperçoit Uhura assise sur le fauteuil du capitaine, les autres officiers supérieurs, y compris Kirk sont au repos.
Elle se lève pour lui laisser la place, mais il lui fait signe de rester. Il se rend à son poste et cherche à capter les antiques réseaux terriens. Ce sont des systèmes archaïques, avec des encodages particuliers. Il alterne entre ses senseurs et le poste de communication habituellement dévoué à Uhura. Il fait des recherches dans les archives historiques, sur le fonctionnement des satellites de l'époque. Et il finit par réussir à capter des milliers de chaînes de centaines de pays, pour faire le tri dans tout ça, il créé un algorithme qui enregistrera toute émission avec les mots-clés Star Trek, qu'ils soient prononcés par l'annonceur ou affichés à l'écran. Une fois cette tâche effectuée il n'aura qu'à attendre que les données se collectent.
Il quitte la passerelle en souhaitant un bon quart à tout le monde, puis rejoint ses quartiers. Les vulcains ont besoin de peu de sommeil, mais il est important pour lui de méditer. Il se met en position, détends ses muscles et cherche dans un premier temps à faire le vide dans ses pensées. Il n'y arrive pas. Il doit se purger de ses émotions. Un mot l'en empêche, un mot puissant, dévastateur, titanesque, il lutte de toute sa logique pour tenter de l'effacer, pour le sortir, l'évacuer, mais il revient sans cesse, plus gros, plus fort.
Ce n'est pas un mot.
C'est un nom.
Paul.
Le vulcain ne s'avoue pas vaincu et change de technique de méditation pour quelque chose de plus visuel...
C'est pire, cette fois ce n'est plus un mot mais une image, son image. Son visage, ses yeux, son corps.
Il finit par renoncer.
Spock se dit qu'il doit se changer les idées. Il sort se promener dans les couloirs du vaisseau. Perdu dans ses pensées, il erre au hasard. Ses pas incontrôlés finissent par le mener devant une porte. Le vulcain s'aperçoit qu'il s'est arrêté devant les quartiers de cet humain. Il secoue la tête, et reprend ses pérégrinations.
Il se perd à nouveau dans ses pensées, les portes et les croisements se succèdent dans un flou inconsistant. Et puis soudain, il se rend compte qu'il s'est de nouveau retrouvé devant la porte de Paul.
Le vulcain se dit qu'il devrait retourner à ses appartements, la promenade était une mauvaise idée.
Mais au moment où il repart, la porte s'ouvre et la voix troublante de Paul se fait entendre.
- Spock ? C'est v... C'est toi ? Je n'arrive pas à dormir.
L'intéressé se retourne, comme hypnotisé. D'un air hésitant, Paul demande :
- Tu... Tu veux bien me tenir compagnie ?
Le vulcain, se sent irrésistiblement attiré, comme si un rayon tracteur l'avait capturé depuis l'intérieur de la pièce. Son cœur palpite à une fréquence frénétique. Lorsqu'il franchit le seuil, c'est comme s'il avait dépassé un point de non-retour.
Il rejoint Paul, qui s'est assis sur le rebord de son lit. Et se place à côté de lui.
- Toi aussi tu n'arrives pas à dormir ?
- Je n'arrive pas à méditer. Avoue Spock, tête baissée.

Paul comprends que le vulcain ne parlera pas si facilement. Alors c'est lui qui se livre. Tout en regardant le profil de Spock, il explique qu'il n'arrive pas à dormir parce qu'il n'arrive pas à détacher ses pensées d'une personne. Tout en parlant, il effleure le côté de la jambe du vulcain du dos de la main. Il raconte que le nom et l'image de cette personne s'impose à son esprit. Dans le même temps il remonte en douceur sa main et la retourne à plat sur la cuisse de Spock. Ce dernier le laisse faire, mais reste de profil, tête baissée. Paul conclut en expliquant que c'est ce qui l'empêche de dormir. Et sans retirer sa main, demande à Spock ce qui l'empêche de méditer, lui.
- J'ai aussi... Commence-t-il, mais sa phrase se perd dans un murmure.
Notre ami pose alors délicatement sa main sur la joue de Spock, et avec douceur, fait pivoter son visage pour le regarder dans les yeux. Le regard du vulcain est humide et tremblant, de ses lèvres entrouvertes s'échappe en un souffle :
- Paul.
- Spock.
Leurs lèvres se touchent enfin. Un frisson électrique parcourt leur peau, et ils s'enlacent. Ils basculent sur le lit.
Entre deux baisers, Spock éteint la lumière d'une commande vocale.
Le bruit gracieux de vêtements glissant sur la peau se fait entendre. Puis celui de couvertures se soulevant et s'abaissant dans une étrange danse.

Plusieurs heures après, Paul est réveillé par le bruit d'un ordinateur en fonctionnement. Il ne sent pas la présence de Spock à côté de lui, mais le lit est encore chaud de sa présence. Il se redresse et aperçoit Spock en train de pianoter sur une console murale. La lumière est allumée.
Il se lève en emportant la couverture avec lui, attentif à cacher son tatouage. Au pied du lit, il aperçoit son caleçon Star Trek, qu'il s'empresse de cacher en dessous d'un mouvement du pied. Puis se rapproche du vulcain, par derrière. Il se colle contre lui, et passe ses bras autour de son torse. D'une voix douce il lui demande à l'oreille :
- Qu'est-ce que tu trafiques ?
- Je pirate le système de téléportation du vaisseau, pour me rendre à mes appartements sans laisser de trace de mon passage dans l'historique. Je ne veux pas qu'on me voit, je ne veux pas qu'on sache que j'ai passé la nuit avec toi.
Paul comprend, pour Spock, c'est une question d'honneur, il ne faudrait pas que sa réputation d'ordinateur sur pattes s'effrite. Il n'ose pas imaginer les sarcasmes de Bones s'il savait que Spock est amoureux.
Il embrasse le beau vulcain dans le cou. Celui-ci lui annonce :
- Je suis bientôt de quart, en fait mon service commence dans une minute. Je vais me téléporter directement dans l'ascenseur.
Disant cela, il s'apprête à déclencher le processus.
Paul l'arrête d'un geste.
Spock, se retourne, l'embrasse et lui dit :
- Voyons sois raisonnable, je dois y aller.
- Ce n'est pas ça...
Paul marque une pause, puis reprend :
- Tu as mis ton caleçon par-dessus ton pantalon. Dit-il d'un ton moitié taquin, moitié attendri.

Une fois les vêtements de Spock remis dans le bon ordre, il se téléporte dans l'ascenseur qui monte à la passerelle. Juste à temps, puisque moins d'une seconde après sa matérialisation, le vulcain voit la porte s'ouvrir sur Kirk, qui emprunte le même chemin que lui.
Après les salutations d'usage, le capitaine lui explique qu'ils vont faire une réunion dans une demi-heure, il suppose que Spock ayant passé un certain temps avec Paul, il a dû apprendre plus de choses sur lui.
Le second acquiesce, puis explique qu'il a aussi pris l'initiative de certaines recherches, dont il devrait récupérer le résultat une fois à son poste.
La porte de la passerelle s'ouvre et les deux amis relèvent les officiers qui occupaient leurs postes, qui vont pouvoir aller se détendre et se reposer.
Une fois à son poste, le vulcain s'empresse de consulter le résultat de la collecte de son algorithme. Des dizaines d'heures de vidéos ont été collectées. Il ne pourra bien sûr pas tout regarder, mais il utilise des programmes qui classent automatiquement les informations sur divers critères de pertinences. Les résultats le laissent songeur.
Il sauvegarde l'ensemble sur un boitier de données.
L'ascenseur revenant d'un aller-retour amène Chekov et Sulu sur la passerelle, ils font un salut général, puis s'installent à leurs postes.
Tout se passe sans encombre jusqu'à l'heure de la réunion.

Pendant ce temps, Paul a fini par comprendre comment fonctionnait la douche. Il commence à se rhabiller quand quelqu'un se présente à la porte. Il se dépêche de se rendre présentable, puis ouvre.
C'est Christine Chapel qui est là avec un petit paquet dans les bras.
- Grâce au réplicateur, nous avons pu recréer votre cosplay dans sa forme d'origine. Il est tout propre, tout neuf, Dit-elle, souriante, en lui tendant le paquet.
Paul la remercie chaleureusement, puis elle repart en direction de l'infirmerie.
Il se déshabille à nouveau pour mettre le cosplay. Il manque toujours le combadge, resté aux mains des romuliens.
Une fois prêt, il sort, et demande à l'ordinateur de le guider jusqu'au réfectoire.

De leur côté Kirk et Spock s'apprêtent à entrer dans la salle de réunion, où les attend l'agent temporel Daniel.
Après les avoir salués, ce dernier entame la réunion en expliquant qu'il a presque fini de réparer son appareil de mesure, qui avait été endommagé par les brusques changements, entre son arrivée dans l'Enterprise, et le passage du vaisseau dans la distorsion juste après, le tout sous le feu nourri des romuliens.
Puis le vulcain commence à expliquer ce qu'il a appris de Paul, ainsi que les recherches qu'il a effectuées, puis insère son boitier de données dans l'ordinateur et commence à afficher des vidéos sur l'écran.
- Ce que vous voyez est un extrait d'une série télévisée du 21ème siècle nommée Star Trek : Enterprise. L'homme que vous voyez derrière l'Andorien et le Tellarite, c'est Jonathan Archer, à ce moment-là capitaine du NX-01 Enterprise.
Kirk bondit sur sa chaise et s'exclame :
- Jonathan Archer... LE Jonathan Archer ?! Qui est devenu Président de la Fédération en 2184 ?!
Daniel devient blême.
Spock continue son explication :
- Le plus fascinant, c'est qu'à l'exception de la voix, c'est exactement la même personne.
Il montre un extrait d'archives historiques d'Archer.
Kirk s'interroge sur la différence de voix, et le vulcain explique que comme le traducteur universel n'existait pas encore, chaque pays doublait les séries et les films dans sa propre langue, avec des acteurs dont c'était le métier.
Pour appuyer son propos, il diffuse un extrait issu d'une diffusion en langue originale, et effectivement la voix change, et cette fois correspond parfaitement à celle que l'on connaît du président Archer dans les archives.
- Sur quelle période historique s'étendent ces "Star Trek" ? Demande l'agent temporel d'une voix tremblante.
- Du 22ème au 24ème siècle d'après la classification automatique. Je n'ai pas osé regarder d'extraits se situant supposément dans notre futur.
- Et vous avez bien fait, ce serait risquer une terrible contamination temporelle, répond Daniel d'un ton grave.
Il demande au capitaine et à son second de quitter la pièce, pour lui permettre de consulter quelques extraits seul.
Quand il les fait entrer à nouveau, il est livide.
- Tout est exact, ces séries et films prédisent votre futur, jusqu'au plus précis détail. Des secrets importants de la Fédération y sont même révélés. Si les romuliens obtiennent ces informations, la Fédération est perdue.
Il se laisse tomber sur une chaise et continue :
- La directive première temporelle n'a jamais autant été en péril. La contamination est totale.
Kirk, d'un pragmatisme plus immédiat annonce :
- Il ne faut surtout pas que les romuliens obtiennent ces informations, ni aient la moindre chance de les communiquer à l'empire.
- C'est contraire à beaucoup de nos principes, mais la logique nous dicte qu'il faut détruire ce vaisseau et tous ses occupants. Ajoute Spock d'un ton grave et sentencieux.
- J'aimerais qu'il y ait une autre solution, dit Daniel d'un ton suppliant.
Puis d'un ton décidé il ajoute :
- Mais nous n'avons pas le choix.
Spock, s'assied à son tour, puis change de sujet :
- Il y a un autre problème que nous devons comprendre. Pourquoi ces "Star Trek" existent ici, alors que nous n'en avons aucune trace dans nos bases historiques ?
- Cela ne peut pas provenir de nos romuliens, j'ai vu que la diffusion de ces vidéos a commencé plus d'un demi-siècle avant l'époque où nous nous trouvons. Ajoute Daniel.
- Et nous n'avons en aucune façon été affectés, si c'est un changement dû à un voyage temporel. Remarque le capitaine.
Le vulcain semble se plonger dans une intense réflexion, puis quelque temps plus tard il en livre sa conclusion :
- Il y a une option que nous n'avons pas envisagée : L'anomalie ne nous a pas déplacé dans notre passé, mais dans le passé d'un univers parallèle.
- Un univers dans lequel notre Histoire serait une œuvre de divertissement ? S'étonne Kirk.
- C'est hautement improbable, mais si l'on accepte l'idée selon laquelle il existe une infinité d'univers parallèles, couvrant une infinité de variations... Alors c'est possible, affirme l'agent temporel d'un air songeur.
Spock fait alors remarquer que cela peut expliquer la panne de l'appareil de mesure de Daniel.
À la suite de ces réflexions, ils décident d'établir une stratégie pour vaincre les romuliens, et revenir à la bonne époque dans leur univers. Puis ils décident de ce qu'ils vont faire de Paul.

Ce dernier a fini son petit déjeuner, puis cherchant une occupation, s'est fait guider par l'ordinateur jusqu'à l'arboretum du vaisseau, avant d'aller visiter l’ingénierie par lui-même.
Sa promenade terminée, il se dirige vers ses quartiers. Arrivé devant sa porte, il trouve le Docteur McCoy qui avait l’air de l'attendre. Il l'enjoint de le suivre à l'infirmerie.
Là-bas, il retrouve Daniel, Kirk, et Spock, qui sous son visage en apparence impassible, semble subtilement nerveux.
Ils se saluent tous, y compris Spock qui fait comme si c'était la première fois de la journée qu'ils se voyaient. Puis Kirk prends la parole :
- Tout d'abord, nous sommes convaincus que vous n'avez été impliqué dans cette histoire que par un hasard malheureux. Que vous êtes de bonne foi, et surtout que vous n'êtes pas un espion romulien.
Paul, qui n'avait même pas envisagé qu'on puisse penser autrement est à la fois outré, et aussitôt soulagé par ce résultat. Il s'étonne de ne pas avoir été plus surveillé que ça, mais se rends compte que toutes les fois où il aurait eu l'occasion de nuire, il était entouré d'officiers qui gardaient un œil discret sur lui.
- Les romuliens qui vous ont enlevé, ont dû penser, au vu de votre uniforme futuriste, que vous étiez moi. En effet ils ont pu détecter sans précision ma signature temporelle avec leurs appareils primitifs. Explique Daniel, qui devine que Paul sait avec précision qui il est et donc qu'il n'a aucun risque à lui dire ça.
Spock reste silencieux et légèrement en retrait.
Notre ami, percevant le trouble de Spock, demande :
- Pourquoi avons-nous cette conversation à l'infirmerie ?
- Je vais vous ramener au moment et à l'endroit de votre enlèvement, mais avant ça il faut que je vous efface la mémoire et vous endorme. Expose Daniel d'un air gêné.
Paul a exactement la réaction que l'agent temporel craignait :
- Mais je ne veux pas repartir moi ! Je veux rester ici ! Comprenez-moi, j'ai l'occasion de vivre dans l'univers qui m'a toujours passionné ! Avec les héros que... Heuuuu...
Il bredouille sans terminer sa phrase, mais lance un regard vers Spock.
Daniel, explique alors leur théorie d'univers parallèle, avant de conclure :
- Par votre connaissance approfondie de Star Trek, vous connaissez le futur, ainsi que trop de secrets vitaux de Starfleet et de la Fédération. Par votre simple présence, vous mettez en danger l'avenir de notre univers.
- Mais je promets de ne jamais rien révéler, répond Paul d'un ton suppliant, les larmes aux yeux.
- C'est insuffisant. Votre simple comportement peut influencer involontairement le cours des événements dans une ampleur imprévisible. Puis vous pourriez être capturé, torturé, assène l'agent temporel, implacable.
Il s'approche de notre ami, et lui chuchote très doucement à l'oreille :
- Ou assimilé par le collectif Borg.
Paul blêmit à cette évocation. Il ne trouve rien à répondre et pleure à chaudes larmes.
Daniel, qui a reculé, lui pose la main sur l'épaule et donne un dernier argument :
- Nous ne savons pas quelle influence vous aurez, directement ou indirectement sur le futur de votre propre monde. Par vos activités, vous contribuez à faire connaître notre idéal de vie à vos congénères. Qui sait les vocations qui vont se créer sous votre influence ? Nous ne pouvons priver votre monde de la présence d'un individu tel que vous.
Paul semble se résigner, puis demande :
- Avant de commencer la procédure, j'aimerais parler à Spock, seul à seul, si ça ne vous dérange pas.
Ce dernier se tourne vers ses camarades, et se justifie :
- Hier nous avons entamé une conversation qui doit se conclure.
Jim, Bones, et Daniel ne comprennent pas très bien, mais ils acceptent et sortent, suivis de Christine Chapel.
Dès que la porte se referme, Paul se jette dans les bras de Spock et l'embrasse en pleurant.
Le vulcain le serre contre lui, et caresse ses cheveux d'une main.
- Ne me laisse pas, je ne veux pas te quitter, je t'aime, sanglote pathétiquement Paul.
Une unique larme coule sur la joue de Spock, chose incroyable pour un vulcain, même à demi-humain.
- Je t'aime.
En disant cela, il glisse un petit objet dans la poche de Paul.
Puis il le serre à nouveau dans ses bras, et dit d'une voix triste et douce :
- Tu as entendu Daniel, c'est impossible.
Paul dégluti, s'arme de courage et répond :
- Je comprends.
Le couple tragique s'embrasse une dernière fois, avec passion et douleur.
Puis le vulcain va rouvrir la porte à ses camarades, pendant que notre ami sèche ses larmes du mieux qu'il peut.
Le docteur McCoy l'allonge sur un des lits, puis, à l'aide d'un hypospray, lui injecte un somnifère.
Paul lance un dernier regard à Spock... Puis tout devient noir.
La dernière chose qu'il entend, c'est la voix de Kirk qui s'adresse à son second :
- Bien maintenant, occupons-nous des romuliens.

Paul se réveille dans une position inconfortable. Son corps est bizarrement plié. Il ouvre les yeux : Il dormait recroquevillé sur le siège conducteur de sa petite voiture.
Un regard circulaire lui apprend qu'il est garé au bord de la nationale où il roulait la veille au soir. Sur le bas-côté. Comme si, pris de fatigue, il avait eu la présence d'esprit de s'arrêter pour dormir.
Encore engourdi, il vérifie dans le rétroviseur que personne n'arrive et sort de la voiture côté route. Il fait le tour, et marche un peu sur le bas-côté pour prendre l'air.
Le soleil se lève à peine et le ciel est encore teinté de nuances de rose et d'orange.
Il se souvient vaguement avoir fait un rêve où il était enlevé par des romuliens, puis sauvé par l'équipage de TOS, et où il avait une relation amoureuse avec Spock. Un sourire vient sur ses lèvres. Il a parlé de Star Trek toute la journée de la veille, pas étonnant qu'il fasse ce genre de rêve.
Ce qui est étonnant, c'est qu'il a des souvenirs très... Tactiles... Il sent presque encore les tendres caresses du vulcain sur son corps.
L'esprit de Paul s'étant un peu éclairci, il décide de retourner à la voiture pour reprendre la route. En cherchant machinalement la clé de contact, il trouve un petit objet dans sa poche.
Il se sort à la lumière naissante du jour. C'est une petite boîte, comme un écrin. Sur le dessus il est écrit : "À travers le temps, l'espace et les dimensions..."
Paul l'ouvre, à l'intérieur se trouve un petit pendentif, représentant le symbole de l'IDIC vulcain.
Et dans l'envers du couvercle, il est écrit quelque chose.
Quelque chose qui le pousse à lever les yeux vers le ciel.
C'est peut être son imagination, mais il croit voir une étoile filante.
Il regarde à nouveau sous le couvercle et lit à haute voix :
Je t'aime.

F I N

Cette ligne de programmation ne sert qu'a formaté proprement les lignes de textes lors d'un utilisation sous Mozilla Firefox. J'aimerais pouvoir m'en passer mais je ne sait pas comment, alors pour l'instant. Longue vie et prospèrité